vendredi 28 mars 2008

Appel aux Isséens !

APPEL AUX ISSEENS POUR LE RESPECT DU PLURALISME ET DE LA DEMOCRATIE A ISSY LES MOULINEAUX

Jeudi 27 mars, lors du deuxième conseil municipal de la mandature, André Santini, maire d’Issy les Moulineaux, a franchi une nouvelle étape dans le déni démocratique, le mépris des élus et le refus de toute contestation.

En monarque absolu, il a décidé de les exclure des SEM (sociétés d’économie mixte), des conseils d’administration des associations en charge de la politique municipale pour la jeunesse, les sports, la culture et la vie sociale.

Plus grave encore, aucun élu de gauche et des verts ne sera présent au sein des 4 conseils de quartier ni du conseil de la communauté Arc de Seine. Par son attitude outrancière et méprisante envers les élus et les électeurs qu’ils représentent, André Santini se conduit en autocrate.

Nous nous adressons aux Isséens progressistes, humanistes, attachés aux valeurs de la démocratie, pour qu’ensemble, nous mettions un terme à ces pratiques inacceptables.

Nous demandons :

- le retour des élus de l’opposition au sein de toutes les instances où ils peuvent siéger

- le respect de droit d’expression des différentes sensibilités de l’opposition dans Point d’Appui et sur le site internet de la ville

- des moyens pour favoriser une vie associative diverse et dynamique.

Lysiane ALEZARD, conseillère municipale (PCF)
Joseph DION
Nicolas MOREAU
Laurent PIEUCHOT conseillers municipaux (PS)
Gabrielle SANTARELLI
Kathy SIMILOWSKI
Didier HERVO, conseiller municipal (Les Verts)

jeudi 27 mars 2008

Pétition à signer sur le site de Jeudi Noir !


Dix et une propositions pour sortir les jeunes de la galère du logement !


Marre d’habiter dans 15m2 pour 700 euros ? Marre de travailler au McDo pour payer tes études et d’investir les trois quarts de tes revenus dans ton loyer ? Marre d’habiter à 2 heures de transport de ta fac ?

Nous avons décidé de ne plus nous laisser faire... Aujourd’hui la crise du logement nous empêche d’étudier et de travailler sereinement. Pourtant, 136.000 logements sont inoccupés à Paris, et la France compte 2 000 000 de logements vacants, selon l’Insee. On parle d’autonomie des universités mais il est bien plus urgent de se préoccuper de l’autonomie des jeunes. On nous donne le choix : la « génération Tanguy », obligée de rester chez ses parents pour pouvoir étudier, ou l’enchaînement des emplois sous-payés et abrutissants pour payer des loyers déraisonnables.

Il faut mettre fin à la galère du logement des jeunes et forcer les pouvoirs publics à changer de cap.

Le gouvernement vend les HLM, laisse des milliers de bâtiments vides et refuse le contrôle des loyers. Bref il avantage encore et toujours les propriétaires et entretient la spéculation et la bulle immobilière via des mesures inflationnistes : que valent les pauvres 155 millions d’euros annuels du plan « logement étudiant » de Pécresse en face des 4,5 milliards de baisse d’impôts pour les propriétaires ? Entre-temps, nos frigos restent désespérément vides.

Les jeunes en ont assez de payer la bulle immobilière. Le « droit des propriétaires à s’enrichir » ne doit pas passer avant nos conditions de vie !

C’est pourquoi Jeudi Noir appelle les jeunes et les moins jeunes, tout ceux concernés par la galère de logement, à se mobiliser. Les militants venant d’aucun parti ni d’aucune organisation, ou venant de tout bords, de gauche comme de droite, les farouches comme les timides, doivent se rassembler autour de ces simples, mais décisives revendications -si mises en œuvre toutes ensemble.

Arrêtons les demi-mesures !

- Application de la loi SRU : 20% de (vrais) logements sociaux, l’inéligibilité pour les maires qui ne font aucun effort pour respecter la loi, et la mise sous tutelle par la préfecture de leur politique du logement.

- Doublement, et application aux bureaux, de la taxe sur les logements vacants.

- Application de la loi de réquisition de 1945.

- La construction massive de Cités U’, et la rénovation des vieilles cités sans augmentation de loyer. Aujourd’hui, seulement 1 étudiant sur 13 a accès à une chambre universitaire. Les autres, s’ils ne sont pas aidés par leur famille, doivent travailler pour payer un loyer, et, de fait, hypothèquent leurs chances de réussite scolaire. Pour commencer, il faut rattraper le retard pris dans la construction de Cités U’ prévu dans le plan Anciaux

- Vérifier régulièrement la situation des locataires du parc social ; quadrupler les surloyers de solidarité ; donner congé aux locataires du parc social qui ont une résidence secondaire. Le parc social n’a pas vocation à loger les millionnaires.

- Gel des loyers. Les loyers ont atteint des sommets inégalés. Nous demandons donc leur blocage temporaire, pour donner un peu d’air aux locataires. Il est question d’aligner l’indice de référence des loyers (IRL) sur l’inflation. Mais cela ne règlera rien : l’inflation est forte, et les loyers à la relocation ne sont toujours pas encadrés. C’est pourtant là que se concentrent les hausses les plus importantes. Pour les appartements qui ont connu un changement de locataire en 2006, l’augmentation de loyer a été de 7,3 % en moyenne. Bien entendu, ce sont les jeunes, plus mobiles, qui trinquent à nouveau !

- Le cautionnement solidaire (GRL) doit s’appliquer à tous et remplacer les cautions actuelles. De plus, pour ne pas être une simple garantie des loyers chers, cette mesure doit être conditionnée à un contrôle des loyers.

- Une limitation simple et claire des pièces justificatives qu’un bailleur peut demander à un candidat. Il doit être formellement interdit au bailleur d’outrepasser ses droits en exigeant plus de papiers que nécessaire.

- Moduler la taxe d’habitation en fonction des ressources.

- Elargissement des critères sociaux donnant accès aux bourses d’études, et que l’Etat verse cet argent non plus en janvier ou février, mais dès la rentrée universitaire.

- refiscalisation des intérêts d’emprunts immobiliers et des plus-values immobilières.

Pas de demi-mesures c’est aussi pas d’expulsions sans relogements, pas de privatisation du livret A, car cette libéralisation menace la principale source de financement des logements sociaux. Mais aussi, arrêter de brader du patrimoine immobilier de l’Etat, au mépris de la loi du 13 juillet 2006 « portant engagement national pour le logement » (ENL). Plutôt que vendre, il faut en faire du logement social, d’urgence, comme durable.

Nous continuerons d’interpeller l’opinion publique par des actions festives et médiatiques. Si les pouvoirs publics ne prennent pas les mesures nécessaires, nous appliqueront nous-mêmes la loi de réquisition. Nous ré-ouvrirons des Cité U en réquisitionnant des immeubles laissés vides par leurs propriétaires, à l’image de la cité universitaire "Valérie Pécresse" ouverte le 12 octobre 2007 et fermée par une intervention musclée et illégale de la police cinq jours plus tard.

Doit-on attendre d’être propriétaires pour que se règlent nos galères de logement ?

Les solutions existent, soyons réalistes, exigeons le « tout devient possible ». Nous voulons juste étudier sans précarité.

Soutiens-nous en signant cette pétition


http://www.jeudi-noir.org/

mercredi 26 mars 2008

Une peine infinie, chapitre 1

Rétention de Sûreté CHAP I
Vidéo envoyée par lautrecampagne

le film "Rétention de Sûreté, Une peine infinie [Réfutations III]".

Prenez le temps de regardez !

LYCEENS EN COLERE, étudiants solidaires !

LYCEENS EN COLERE, étudiants solidaires !
Manif jeudi 13H30 métro odéon

L'éducation nationale est mise en première ligne du plan de rigueur du gouvernement : 11 200 suppressions de postes sont annoncées pour 2008 et 20 000 par an jusqu'en 2012. Ces mesures drastiques ont des conséquences terribles à la fois pour les enseignant-e-s et personnels des établissements (augmentation des heures supplémentaires, classes surchargées, doublements de la charge de travail pour les Assistants d'éducation et les personnels) mais également pour les élèves touchés de plein fouet : suppressions de classes, d'options, fin des cours dédoublés, sureffectifs.

APPEL DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES ETABLISSEMENTS D’ILE DE FRANCE
à étendre dans les villes, dans les départements et au niveau national la résistance au plan « social » Sarkozy-Darcos »
POUR GAGNER SUR LES REVENDICATIONS SUIVANTES :
- Refus des suppressions de postes et d’options, des heures sup., de la surcharge des effectifs, des bacs pro en 3 ans et de la suppression des BEP. Refus de la suppression de la carte scolaire.
Création de tous les postes nécessaires (enseignants, vie scolaire, d’orientation, médicaux, sociaux, TOS).
- Refus des conclusions de la commission Pochard, du démantèlement de la fonction publique, de la suppression de la garantie d’emploi pour les fonctionnaires, de la précarité ; titularisation des précaires.
L’Assemblée Générale d’Ile de France ( 33 établissements, 3 du 75, 2 du 77, 1 du 91, 2 du 92, 23 du 93, 2 du 95, syndicats présents CNT, CGT, SNES, SUD Education) se félicite du succès de la dynamique de grève reconductible et de la manifestation en direction du ministère qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes.
Elle propose aux AG d’établissements et de villes (personnels, parents et élèves), de
renforcer et d’étendre la mobilisation en région parisienne :
- en reconduisant la grève et en proposant aux établissements voisins de rejoindre
le mouvement.
- en faisant du jeudi 27 mars une grande journée de grève et de manifestation en direction du ministère, pour exiger la satisfaction des revendications portées par la délégation du 20 mars et restées sans réponses.

A lire

mardi 25 mars 2008

La rétention de sûreté doit être abolie !



Appel à l'initiative du collectif contre la rétention de sûreté


Article 3 : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants » (Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales)

Malgré l’opposition de très nombreux professionnels et citoyens, la loi instaurant une « rétention de sûreté » qui permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une «particulière dangerosité» est entrée en vigueur.

La mise en place d’un tel dispositif relève d’une philosophie de l’enfermement qui dénie à l’homme toute possibilité d’amendement.

La présomption d'innocence devient secondaire et la justice de sûreté prend le pas sur la justice de responsabilité.

NOUS NE POUVONS ACCEPTER UN TEL MODELE DE SOCIETE:

- parce que la rétention de sûreté, comparable dans sa philosophie à la peine de mort, est une peine d’élimination préventive susceptible de graves dérives ;
- parce que la rétention de sûreté ajoute de l’enfermement à la peine de prison, déjà anormalement longue en France au regard des standards européens, et constitue en conséquence un traitement inhumain et dégradant ;
- parce que la rétention de sûreté implique un pronostic arbitraire de la « dangerosité », dont les contours ne peuvent être clairement définis, ni par les psychiatres, ni par les juristes ;
- parce que la rétention de sûreté crée l’illusion du « risque zéro » de récidive par l’exploitation démagogique de la douleur des victimes ;
- parce que la rétention de sûreté témoigne du renoncement des pouvoirs publics à faire de la prison un temps utile à la prévention de la récidive et à la réinsertion - parce que la rétention de sûreté, malgré l’accomplissement de la peine, n’autorise plus l’oubli du crime, réduisant ainsi la personne à son acte criminel passé avec le risque de l’y enfermer à jamais ;
- parce que la rétention de sûreté est une violence institutionnelle inacceptable qui prive les détenus de tout espoir de liberté ;

Pour toutes ces raisons, la rétention de sûreté n’est en aucun cas un instrument de prévention de la récidive et de protection des citoyens.
Nous appelons tous les professionnels concernés à la résistance contre cette nouvelle disposition répressive, emblématique d’une régression majeure de leurs principes déontologiques.
Nous appelons tous les citoyens à la mobilisation pour l’abolition de la rétention de sûreté, véritable honte pour la France.

Les médias et la rétention de sûreté

Je vous conseille vivement cet article d'Acrimed !

« Rétention de sûreté » : Le Parisien et Le Figaro récidivent
Jean Pérès

Le Parisien (75% Amaury, 25% Lagardère) et Le Figaro (100% Dassault) s’étaient déjà distingués, il y a peu, en interprétant d’une manière plus que tendancieuse et déjà très favorable au gouvernement le contenu du projet de loi sur la Rétention de sûreté au moment de sa discussion à l’Assemblée nationale et au Sénat, comme on peut le lire ici même sous le titre : « Information ou instrumentalisation ? Le Figaro, Le Parisien et les criminels récidivistes »

Les deux quotidiens continuent dans la même voie en contribuant à la propagande du Ministère de la Justice et du Président de la République en faveur de la rétroactivité de cette loi. Alors que Le Parisien utilise dans ce but un document « secret » qu’il fait mine d’avoir subtilisé au ministère de Rachida Dati. Le Figaro publie un sondage aux questions biaisées sensé démontrer l’adhésion de l’opinion publique à la position du pouvoir en place.


I. Le « scoop » du Parisien !

Le Parisien du 21 février 2008 annonce en « une » : « 32 criminels sexuels bientôt libérés » et juste en dessous, en très gros caractères : « La liste secrète de la justice ».

En page 3, on trouve, en fac-simile, un extrait de cette « liste secrète » qui offre aux lecteurs du Parisien trois noms ; en fait, trois prénoms puisque les noms ont été délicatement recouverts de blanc, on ne sait par qui du Ministère de la Justice ou du Parisien. En face de ces prénoms, les « infractions » (un « viol en récidive » et deux « avec arme »), le « type de victime » (« majeurs »), les lieux de condamnations et les peines prononcées (« 15 ans », « 20 ans », « 18 ans » ), un « Résumé des faits » plutôt succinct, en quelques lignes : un viol 5 mois après sa libération au terme de 5 ans de prison pour le récidiviste, 9 viols en 3 ans et 2 tentatives pour le deuxième, et agression suivie de viol à la sortie du RER de « plusieurs victimes » avec menace à l’arme blanche en une année pour le troisième. Enfin, dans une troisième colonne, la « date prévisible de libération » (« 7 décembre 2008 », « 2 avril 2010 », « 19 mai 2009 »).

Seulement, pour le deuxième, est fait mention de l’effet des années de détention carcérale : « selon l’administration pénitentiaire, il ne cache pas ses intentions de récidiver à la sortie » [souligné dans le document] Ce genre d’ « information » délivrée par une anonyme « administration pénitentiaire » est aussi grave qu’invérifiable. Ce qui n’empêche pas un Etienne Mougeotte, dans son éditorial du Figaro du 25 février 2008, de désigner sans vergogne à la vindicte publique « Ceux qui, dans les mois et les années qui viennent, vont sortir, alors qu’ils sont des récidivistes en puissance et ne s’en cachent pas […] quelques dizaines d’individus prêts à violer, torturer et souvent tuer à leur sortie de prison ».

L’objectif de ce « scoop » est clair : mobiliser les lecteurs du Parisien et, au-delà, l’opinion publique, non seulement contre les criminels qui ont accompli leur peine et qui vont bientôt sortir de prison, mais surtout en faveur de la loi.

Basse propagande

Mais pourquoi publier cela ce 21 février ?

Le Parisien nous le dit en première page, mais en plus petits caractères : « Le Conseil constitutionnel se prononce aujourd’hui sur la loi Rétention de sûreté, destinée à lutter contre la récidive ». Il nous le répète en deuxième page dan le chapô de l’article titré « Que faire des criminels en fin de peine ? » : « Justice. La chancellerie a établi une liste confidentielle de 32 détenus, auteurs de crimes sordides, dont la libération est prévue dans les trois ans. Un document explosif à l’heure où le Conseil constitutionnel examine la loi controversée relative à la rétention de sûreté ». Dans le corps de l’article de tête est explicité le sens de la publication de la liste : « “ Une façon, estime la chancellerie, de placer les membres du Conseil constitutionnel devant leurs responsabilités ”. Une manière aussi de “ leur montrer, à l’aide d’histoires singulières, que ce que nous proposons a une nécessité immédiate ”. »

Il s’agit donc bien, de l’aveu même du ministère (tel qu’il est rapporté par Le Parisien) de faire pression par la publication de cette liste – qui n’avait donc aucune vocation à rester secrète, bien au contraire - sur le Conseil constitutionnel, contrairement à ce que prétend – sous une forme interrogative le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, lorsqu’il déclare : « Qui peut penser que le Conseil constitutionnel puisse être soumis à des pressions ? [1] » (Reuters, 21/02/2008)

Manifestement, Le Parisien agit en auxiliaire d’une opération de propagande. En effet, le Conseil constitutionnel doit décider le 21 février précisément, jour de la publication de cette liste par Le Parisien, si la loi Dati sur la rétention de sûreté est ou non conforme à la constitution, le point le plus controversé étant celui de la rétroactivité de la loi, c’est-à-dire de son application à des actes commis avant qu’elle soit adoptée. Or, c’est bien sur ces cas de prisonniers libérables et « potentiellement dangereux » que porte toute la mise en scène du Parisien. L’accent mis sur l’horreur des crimes commis, sur leur caractère sexuel (alors que la loi ne vise pas spécifiquement les criminels sexuels), sur la dangerosité supposée des personnes recensées sur la « liste confidentielle », tout ce qui est mis en exergue par le journal vient en soutien de la position gouvernementale. Sans doute, des positions opposées sont citées, même plus que succinctement, comme il convient à une information qui veut se donner une apparence d’objectivité, mais la position dominante ne trompe personne.

D’où la colère des adversaires de la loi que l’Agence Reuters présente ainsi le même jour : « La publication jeudi par le journal Le Parisien d’une liste de 32 criminels sexuels [ce qui est faux, seuls 3 cas sont publiés] , établie par le ministère de la Justice, censés être concernés par la “ rétention de sûreté ” imaginée [sic] dans un projet de loi en cours d’examen a suscité l’indignation des syndicats de magistrats. Ils y voient une manipulation et une tentative de pression. Cette publication des profils de 32 détenus [toujours faux] en fin de peine, illustrée de reproductions de documents officiels, est intervenue à quelques heures d’un arrêt du Conseil constitutionnel sur ce projet de loi » (Reuters, 21-02-2008).

Une coopération parfaite

Si Le Parisien insiste beaucoup sur le caractère « confidentiel » de cette liste qu’il « s’est procurée », on ne peut pas en dire autant des autres acteurs.

Le Ministère de la Justice, qui devrait normalement manifester quelque irritation qu’un document réalisé par ses services soit, a son insu, communiqué au public, ne bronche pas. Au contraire, son porte-parole, Guillaume Didier, vient en confirmer l’authenticité dans les colonnes du quotidien : « Il se peut très bien que, parmi ces personnes, certaines ne soient pas placées dans des centres de sûreté ». Quant aux nombreux médias qui ont repris le « scoop », ou plutôt une dépêche de l’agence Reuters le relatant, aucun d’entre eux ne se demande comment et pourquoi le hardi Parisien s’est procuré ce « document confidentiel ». En somme, la coopération entre le ministère de la Justice et Le Parisien semble aller de soi, ne choque personne, n’est même pas relevée.


II. Quand Le Figaro sonde

Or le Conseil constitutionnel, le jour même de la parution du « scoop » du Parisien a censuré partiellement, en considérant que la rétention de sûreté « eu égard à sa nature privative de liberté, à la durée de cette privation, à son caractère renouvelable sans limite et au fait quelle est prononcée après une condamnation par une juridiction, ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication de la loi ou faisant l’objet d’une condamnation postérieure à cette date pour des faits commis antérieurement ». Et Nicolas Sarkozy au nom de la défense des victimes potentielles s’est engagé… à essayer de contourner la décision du Conseil constitutionnel.

Dès le 25 février, Le Figaro demande par conséquent à l’IFOP de madame Parisot, patronne du Medef, de sonder sur la même question une opinion déjà si bien préparée par la propagande du Parisien et du ministère de la Justice associés, et confortée par les déclarations présidentielles.

Et le 26 au matin, Le Figaro claironne en gros caractères : « Criminels dangereux 80% des Français approuvent Nicolas Sarkozy ». Et à nouveau en page 9 : « Criminels dangereux : les Français pour la rétention de sûreté ». Cité dans l’article de tête, Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département d’opinion publique à l’IFOP déclare au Figaro que « L’adhésion au texte est portée par la certitude que la mesure peut éviter des crimes. ». Il présente ainsi comme un résultat de son sondage ce que, dans les questions posées, il n’a jamais mis en doute.

Dangereux ?

Le sondage comporte trois questions.

La première question, demande crûment aux sondés s’ils approuvent « la mesure, récemment adoptée par le Parlement, visant à instaurer le principe d’une rétention de sûreté ». Passons sur la précision de l’adoption par le Parlement qui prédispose favorablement le sondé et sur l’expression « instaurer le principe » alors qu’il ne s’agit pas d’instaurer le principe mais la réalité de la rétention de sûreté. Avant de répondre à cette question, le sondé qui n’est pas ou peu au courant de cette loi lira sans doute les questions suivantes.

La deuxième question affirme que les criminels visés par la loi « représentent à l’issue de leur peine une probabilité élevée de récidive » , et la dernière question évoque des « criminels toujours dangereux à l’issue de leur peine ».

L’affirmation de la dangerosité des criminels en fin de peine intervient à deux reprises et dans deux questions sur trois pour les sondés et à deux reprises dans les titres du Figaro.
Or, justement, une des questions faisant l’objet de vifs débats porte sur le fait qu’il est très difficile, voire impossible de savoir, notamment pour des psychiatres, si ces condamnés sont dangereux ou pas à leur sortie de prison, et que cette incertitude doit être mise en balance avec l’atteinte aux libertés que constitue le maintien en détention de prisonniers qui ont accompli leur peine.

Mais si on martèle, comme le fait le sondage du Figaro-IFOP, et Le Figaro lui-même, que ces prisonniers sont après leurs années de prison « toujours dangereux », le citoyen sondé et le lecteur ne peuvent que souhaiter que ces dangereux individus soient neutralisés. Et quand Jérôme Fourquet déclare que « L’adhésion au texte est portée par la certitude que la mesure peut éviter des crimes », on peut lui répondre que l’adhésion au texte est plutôt portée par la formulation des questions du sondage.

« La réponse est "oui ”. Mais quelle était la question ? » (Woody Allen)

Pour enfoncer le clou, relevons le résultat le plus remarquable de ce sondage : 81% des sondés sont « d’accord » avec la phrase suivante : « La rétention de sûreté va diminuer le taux de récidive en maintenant en détention les criminels toujours dangereux à l’issue de leur peine ».

Faute de préciser de quelle récidive il s’agit, la question, telle qu’elle est posée, ne porte pas sur un quelconque effet dissuasif sur des criminels considérés comme moins dangereux : l’IFOP, Institut Français d’Opinion Publique, demande à des citoyens s’ils pensent que les criminels dangereux commettront moins de crimes si on les maintient en détention. La seule réponse possible à la question ainsi entendue est évidemment « oui », puisqu’ils seront enfermés ! Pourtant, d’après les résultats du sondage, seuls 37% des sondés sont « tout à fait d’accord » avec cette phrase, tandis que 44% sont « plutôt d’accord », et il se trouve même une étonnante proportion de 19% de « l’échantillon représentatif » qui ne sont « pas d’accord ».

On peut s’interroger sur la question à laquelle les sondés ont cru répondre quand ils ont déclaré qu’ils n’étaient « pas d’accord ». Ou plutôt sur le degré d’attention avec lequel ils ont rempli le questionnaire (il s’agit d’un sondage par « questionnaire auto-administré en ligne », c’est-à-dire rempli par les sondés sur Internet), ou encore sur la manière dont les opinions politiques des personnes sondées interfèrent avec leur compréhension des questions posées. Mais on s’interrogera surtout sur le sérieux d’un sondage qui élabore de telles questions ; et même sur l’ensemble d’un dispositif qui produit de telles absurdités.

Le résultat affiché de ce questionnement subtil est de faire passer pour des partisans de la rétention de sûreté tous ceux qui pensent qu’elle va réduire le nombre de récidivistes, ce qui est difficilement contestable. La critique de la loi porte en effet sur la légitimité de la rétention, pas sur son efficacité qui est aussi certaine que le serait la castration systématique de tous les délinquants sexuels considérés comme dangereux pour les empêcher de récidiver. On ne doute pas que dans cette dernière hypothèse, l’IFOP poserait la bonne question : « Etes-vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt pas d’accord, ou pas du tout d’accord avec cette phrase ? “La castration va diminuer le taux de récidive des délinquants sexuels ”. Et Jérôme Fourquet pourrait à nouveau affirmer : « L’adhésion au texte est portée par la certitude que la mesure peut éviter des viols. »

Du côté du Parisien, la publication limitée à trois cas extraits d’un document ministériel avec mise en scène du caractère « secret », « confidentiel » de ce document, du côté du Figaro, la publication d’un sondage aux questions orientées au-delà des limites de la décence. Pourquoi tant de peine ? La loi Dati ne serait-elle pas défendable avec des arguments rationnels ? Et le principe de la non-rétroactivité des lois ne mérite-t-il pas ce travail de « pédagogie » que tant de commentateurs invoquent à tout propos ?

Jean Pérès


_________________________________________________

[1] La phrase joue sur l’ambiguïté de l’expression « être soumis à des pressions » dans ce contexte où elle peut signifier “ »être l’objet de pressions » ou bien « céder à des pressions ». Alors que l’on peut affirmer, pour flatter son indépendance, que le Conseil constitutionnel ne cèdera pas à des pressions, il ne dépend aucunement de lui qu’il en soit l’objet ou non. Mais ainsi tournée, la phrase laisse entendre que, comme le Conseil constitutionnel est supposé imperméable aux pressions, le ministère n’en a pas exercé. Ce qui manifestement faux.

vendredi 21 mars 2008

Film de Thomas Lacoste sur la Rétention de sûreté

Hier soir, j'ai assisté à la Nuit des libertés, une très belle soirée. Il nous a été projeté le film de Thomas Lacoste, Rétention de Sûreté, Une peine infinie [Réfutations III] : Génial ! Je vous le conseille vivement !

Rétention de Sûreté, Une peine infinie [Réfutations III]
Réalisé par Thomas Lacoste
Huit intervenants, praticiens, militants et experts prennent ici la parole pour déconstruire méticuleusement ce populisme pénal, qui a dicté l'adoption de la loi sur la Rétention de sûreté par l’Etat français, et le populisme constitutionnel qui veut l’appliquer par-delà les principes supérieurs de notre droit.

http://www.lautrecampagne.org/

mercredi 19 mars 2008

La nuit des Libertés

Venez nombreux participer à la Nuit des libertés,
à la Bourse du travail, 3 rue du Château d’eau - 75010 Paris,
Métro République,
LE JEUDI 20 MARS 2008 de 18 h 30 à 22 h 30



Un ensemble d’associations, d’organisations syndicales et de partis politiques ont signé l’appel contre la rétention sûreté. La loi est aujourd’hui votée et promulguée.

Notre combat pour les libertés ne s’arrête pas là !

La nuit des libertés du 20 mars 2008 :
- Projection d’un documentaire de Thomas Lacoste sur la rétention de sûreté
- Échanges et débats avec les participants.
- Lectures par des personnalités et artistes engagés, qui ont souhaité s’associer à notre démarche, de textes classiques ou plus récents sur les questions liées à l’enfermement.
- Diverses prises de paroles militantes.
- Annonce de nouvelles actions contre la rétention de sûreté.

Pour débattre de la rétention de sûreté et faire naître un mouvement pour son abolition, venez nombreux et diffusez ce message le plus largement possible !

L'appel signé par Syndicat de la Magistrature, GENEPI, SNEPAP-FSU, UGSP-CGT, Solidaires, SUD santé-sociaux, LDH, SNESUP-FSU, UNEF, FARAPEJ, INTERCO-CFDT, Réso, Ban public, LCR, les Verts, MRAP, PCF, Cedetim, Union Syndicale de la Psychiatrie, l'association des juristes démocrates, SNPES-PJJ-FSU, SNU-CLIAS-FSU, OIP, FNUJA, Syndicat de la Médecine Générale, l'Association française de criminologie :

Appel à l'initiative du collectif contre la rétention de sûreté
La rétention de sûreté doit être abolie !

Article 3 : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants » (Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales)

Malgré l’opposition de très nombreux professionnels et citoyens, la loi instaurant une « rétention de sûreté » qui permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une «particulière dangerosité» est entrée en vigueur.

La mise en place d’un tel dispositif relève d’une philosophie de l’enfermement qui dénie à l’homme toute possibilité d’amendement.

La présomption d'innocence devient secondaire et la justice de sûreté prend le pas sur la justice de responsabilité.

NOUS NE POUVONS ACCEPTER UN TEL MODELE DE SOCIETE :

- parce que la rétention de sûreté, comparable dans sa philosophie à la peine de mort, est une peine d’élimination préventive susceptible de graves dérives ;
- parce que la rétention de sûreté ajoute de l’enfermement à la peine de prison, déjà anormalement longue en France au regard des standards européens, et constitue en conséquence un traitement inhumain et dégradant ;
- parce que la rétention de sûreté implique un pronostic arbitraire de la « dangerosité », dont les contours ne peuvent être clairement définis, ni par les psychiatres, ni par les juristes ;
- parce que la rétention de sûreté crée l’illusion du « risque zéro » de récidive par l’exploitation démagogique de la douleur des victimes ;
- parce que la rétention de sûreté témoigne du renoncement des pouvoirs publics à faire de la prison un temps utile à la prévention de la récidive et à la réinsertion
- parce que la rétention de sûreté, malgré l’accomplissement de la peine, n’autorise plus l’oubli du crime, réduisant ainsi la personne à son acte criminel passé avec le risque de l’y enfermer à jamais ;
- parce que la rétention de sûreté est une violence institutionnelle inacceptable qui prive les détenus de tout espoir de liberté ;

Pour toutes ces raisons, la rétention de sûreté n’est en aucun cas un instrument de prévention de la récidive et de protection des citoyens.

Nous appelons tous les professionnels concernés à la résistance contre cette nouvelle disposition répressive, emblématique d’une régression majeure de leurs principes déontologiques. Nous appelons tous les citoyens à la mobilisation pour l’abolition de la rétention de sûreté, véritable honte pour la France.

mardi 18 mars 2008

C'est joli le rouge sur une carte !

vendredi 14 mars 2008

Manif Issy !



Rassemblement jeudi dernier devant la Mairie d'Issy

Des dizaines d’expulsions risquent d’être mises à exécution après le 15 mars, fin de la « trêve hivernale », alors qu’il y a plus de 1 300 demandeurs de logements sociaux à Issy-les-Moulineaux. Dans un tel contexte, la vente de 454 logements sociaux en janvier 2008 par l’Office Public Départemental des Hauts-de-Seine est une véritable provocation !

C’est un scandale quand on sait que seulement 1 213 nouveaux logements réellement sociaux ont été financés dans les Hauts-de-Seine en 2007. Le département est le mouton noir de l’Ile-de-France : le gouvernement lui-même lui avait fixé un objectif de 2 250 logements réellement sociaux en 2007, qu’il a donc été très loin de tenir. Et les besoins réels justifieraient des objectifs de plus de 4 000 par an.

Alors qu’en à peine un mois plus de 5 000 dossiers de demande pour le Droit au Logement Opposable ont déjà été retirés dans les Hauts-de-Seine, la mobilisation de tous pour le logement, et pour le logement social est indispensable.

Notre rassemblement de jeudi dernier a été une réussite. De nombreux-ses d'isséen-ne-s sont venu-e-s manifester leurs solidarités et révoltes !

Un nouveau rassemblement est prévu...

mercredi 12 mars 2008

Manifestation pour le logement

Plusieurs manifestations pour une autre politique du logement sont à noter dans vos agenda !

Une, demain à 18h devant la Mairie d'Issy-les-Moulineaux.

Une autre samedi à 14h30, Place de la République.


A l’appel de : AC !, AC le feu, ACDL, AFVS, ATMF, ATTAC, Autre monde, Bagagérue, CAL, CDSL, CGT Finance, CGT Paris, CGT UD 95 (Val d’Ois)e, Collectif logement 14e, Collectif logement 3e, Coord. Anti-démol. des quartier pop. HLM, COPAF, CSP 19e, DAL, Droits Devant !, FSU, Jeudi Noir, IPAM, Intersyndicale du secteur financier Public et semi Public, La Générale, Ligue des droit de l’Homme, Marche euro contre le chômage, MIB, Ministère de la CRISE du logement, MNCP, No-Vox, Solidaires … Avec le soutien de : CNL, AL….

À partir du 15 mars, c’est le retour des expulsions, et cette année est plus inquiétante que jamais: plus de 120 000 ménages seront mis à la porte, en France. Jamais les loyers et l’immobilier n’ont été aussi chers, et avec des revenus faibles, modestes, et même moyens, il n’est plus possible de se loger décemment. Des projets gouvernementaux régressifs sont programmés après les élections municipales. Ils menacent le logement social et son financement, les locataires, et les sans logis. Ça suffit !!

Pour des mesures concrètes et immédiates :

·Arrêt des expulsions sans relogement, des saisies, des coupures d’eau, d’énergie et de chauffage ·Application de la loi de réquisition sur les logements vacants et des Loi DALO et SRU ·Contre les pratiques et les projets de criminalisation des mal-logés et des sans abris ·Pas plus de 20% de ses revenus pour se loger : baisse des loyers et des charges! hausse des aides au logement social et aux locataires ·Relogement des habitants de logements indignes (saturnisme, insalubrité, indécence, surpeuplement )

Pour la défense du logement social :

·Arrêt des ventes, des démolitions arbitraires, de la dérégulation des loyers, de la remise en cause du droit au maintien dans les lieux… · Pas touche au Livret A, ni aux autres outils de financement du logement social (Caisse des dépôts, 1% logement …), · Réalisation massive de logements sociaux de qualité, notamment dans les villes riches … · Développement et réhabilitation (sans hausse des loyers) du logement des travailleurs migrants, des jeunes et des étudiants .

Retour sur commentaire


Un commentaire m'a été posté hier au sujet de la politique du logement de la municipalité... Il m'est reproché de critiquer les choix de la droite isséenne. On m'a "gentillement" proposé de lire l'article qui suit (pour me guider vers le droit chemin...):

"Dans le cadre de sa politique visant à augmenter son parc de logements sociaux, la ville a fait usage de son droit de préemption urbain en se portant acquéreuse d’un ensemble immobilier d’une surface de 4 600 m2 situé rue du Docteur Lombard.

L’immeuble est destiné à être ensuite revendu à l’Office HLM Arc de Seine Habitat pour permettre la création de 61 logements sociaux. Cette initiative permet à la ville de poursuivre sa politique ambitieuse en matière de logements sociaux. Issy détient en effet 24,94 % de logements sociaux, soit un pourcentage largement supérieur à la moyenne nationale et à l’obligation faite aux communes, au titre de la loi SRU, de proposer un minimum de 20% de logements sociaux sur leur territoire.

La démarche de la Ville a pour objet également de protéger les locataires de toute tentative de spéculation par des repreneurs. En préemptant au profit de l’office Arc de Seine Habitat, bailleur social, la Ville protège ainsi les locataires quant à leur devenir.
"


Cet article est paru sur le site internet de la Ville. Je pense que certaines vérités sont à rétablir.

On veut nous faire croire que la municipalité mène une "politique ambitieuse en matière de logements sociaux". C'est une blague ? Le minimum prévu de logements sociaux par la loi SRU (20%) n'est pas un maximum ! Certes de nombreuses villes de droite n'atteignent pas ce minimum, mais cela est-il un argument convenable pour se féliciter? Non !
Les logements sociaux sur la ville sont insuffisants...une situation aggravée par la vente des logements sociaux à Issy.

De plus, il est complètement hallucinant de parler de politique ambitieuse quand on sait qu'il y a 1300 demandeurs de logements sociaux à Issy, de nombreuses expulsions, un prix au mètre carré excessif...

RASSEMBLEMENT
DEVANT L’HOTEL DE VILLE
JEUDI 13 MARS
A PARTIR DE 18 HEURES

VENEZ TEMOIGNER ET
EXPRIMER VOS EXIGENCES

mardi 11 mars 2008

Manifestation pour le logement à Issy

Rassemblement devant la mairie d’Issy-les-Moulineaux jeudi 13 mars, à 18h.
Métro : Mairie d’Issy (ligne 12)



- Non à la reprise des expulsions

- Non à la vente de logements sociaux d’Issy par l’OPDHLM 92

- Il faut 30% de logements sociaux à Issy-les-Moulineaux


La menace de la reprise des expulsions le 15 mars plane, alors qu’il y a plus de 1 300 demandeurs de logements sociaux à Issy-les-Moulineaux. Dans un tel contexte, l’Office Public Départemental des Hauts-de-Seine n’a rien trouvé de mieux comme réponse que d’essayer de limiter l’offre sociale en engageant la vente de 454 logements sociaux en janvier 2008.

Un scandale quand on sait que seulement 1 213 nouveaux logements réellement sociaux ont été financés dans les Hauts-de-Seine en 2007. Le département est le mouton noir de l’Ile-de-France : le gouvernement lui-même lui avait fixé un objectif de 2 250 logements réellement sociaux en 2007, qu’il a donc été très loin de tenir. Et les besoins réels justifieraient des objectifs de plus de 4 000 par an.

Alors qu’en à peine un mois plus de 5 000 dossiers de demande pour le Droit au Logement Opposable ont déjà été retirés dans les Hauts-de-Seine, la mobilisation de tous pour le logement, et pour le logement social est indispensable.

lundi 10 mars 2008

La lutte continue !

Encore une fois, nous serons privés de second tour aux élections municipales à Issy-les-Moulineaux.

André Santini, Maire sortant et actuel secrétaire d’Etat, est élu dès le 1er tour avec 56,7%, contre 70,2% en 2001. Une baisse significative ! Mais attention, la droite reste toujours aussi importante sur la ville. En effet, le Modem recueille 13,8% des suffrages. UMP + Modem = plus de 70% des suffrages !

Nous devons poursuivre nos luttes contre cette municipalité néolibérale. Problèmes de logement, crèches, commerces de proximité, culture… Beaucoup de choses restent à faire sur notre ville. Nous ne sommes pas fatigués ! Nous sommes très très loin d’être démotivés ! Nous n’oublions pas les énormes difficultés de vie que certains éprouvent au quotidien !

Désormais, sept conseillers municipaux de gauche vous représenteront pendant les six ans qui viennent. Lysiane Alezard (notre victoire de la soirée !) saura porter votre révolte, vos envies !

Merci à tous ceux et toutes celles qui nous ont fait confiance!
Merci aux nombreux militant-e-s qui se sont mobilisé-e-s pour la population isséenne. Je garde de cette expérience de très nombreux souvenirs : le froid, la pluie, « tourner la page à Issy », l’union de la gauche…mais surtout les nombreux encouragements, les sourires…
Merci également aux communistes d’Issy. Une belle équipe, pleine de dynamisme !

A bientôt, pour de nouvelles aventures !

vendredi 7 mars 2008

Pour un nouvel élan à ISSY avec Laurent Pieuchot

Quelques chiffres à avoir en tête !

En Ile-de-France, les femmes :
- ne représentent que 37% des apprenti-es
- leurs salaires sont inférieurs de 20 à 30 % à ceux des hommes
- 3% de femmes à la tête des sociétés dont le capital excède 100 000 euros
- 37% des cadres et 28% des créateurs-trices d’entreprises
- 60% d’entre elles sont concentrées dans seulement 6 secteurs d’activités sur 31
- elles représentent 85% des familles monoparentales, 99% des bénéficiaires de l’API (Allocation de Parents Isolés)
- elles occupent 85% des temps partiels, dont la plupart sont subis, et sont ainsi plus touchées par la précarité et la pauvreté
- elles composent 12% de l’Assemblée Nationale et seulement 11% des maires de France
- les femmes consacrent deux heurs de plus par jour aux activités domestiques que les hommes, et ont en charge 75% des soins aux enfants
- elles représentent que 25 % des sportifs-ves licencié-es en IDF
- elles représentent 51,56% de la Région d’IDF
- En France, chaque année, encore 48 000 femmes sont victimes de viols et, une femme meure tous les deux jours sous les coups de son conjoint ou de son ex conjoint.

mercredi 5 mars 2008

Journée internationale de luttes des femmes pour leurs droits


Rassemblement le 8 mars
à 15h00
Fontaine des Innocents - Paris/les-Halles

Le 8 mars 2008 se situe dans un contexte politique très inquiétant de remise en cause des droits des femmes et de leurs acquis, partout, en Europe et dans le monde. Les revendications concernant les droits des femmes participent des droits humains fondamentaux sans lesquels aucune société ne peut être considérée comme juste, égalitaire et démocratique. Comme chaque année à cette date, nous rendrons visible la force de notre solidarité avec toutes les femmes de France et des autres pays dans lesquels elles sont en butte aux discriminations et aux violences.

NOUS NE VOULONS PLUS SUBIR

Dans la sphère privée comme publique :

* Les violences conjugales à cause desquelles, en France, une femme meurt tous les trois jours !. ;
* Les viols : 48 000 femmes sont violées chaque année en France ;
* Les mariages forcés, mutilations sexuelles, et diverses formes d’esclavage comme la prostitution ;

Dans le monde du travail, les inégalités professionnelles entre les femmes et hommes qui s’aggravent et le Code du travail qui est peu à peu démantelé. Les femmes représentent :

* 80 % des salariés pauvres (payées en dessous du Smic) ;
* 57 % des chômeurs et chômeuses non indemnisé-es inscrit-es à l’ANPE ;
* 83 % des emplois à temps partiel, la plupart imposés et avec des horaires flexibles ;
* 60 % des emplois aidés ou en CDD...

Dans le monde politique ;

* La sous-représenation des femmes dans les instances politiques malgrè la loi sur la parité.

NOUS LUTTONS POUR

* L’adoption et la mise en ¦uvre de la loi cadre contre les violences proposée par le CNDF ;
* L’application du droit à l’avortement reconnu par la loi ; l’arrêt des tentatives de criminaliser l’IVG en accordant un statut juridique à l’embryon par l’inscription à l’Etat civil d’un foetus quel que soit son stade de développement ;
* Le remboursement par la Sécurité Sociale de tous les moyens de contraception ;
* Un emploi stable à plein temps pour celles qui le souhaitent ; l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes ; l’augmentation du pouvoir d’achat ; l’arrêt de la remise en cause du Code du travail ;
* Le droit à un logement décent avec un loyer accessible ; l’application de la loi de réquisition ;
* Un service public de la petite enfance ; la gratuité et le développement des crèches ;
* La cessation des rafles et des enfermements en centres de rétention dont sont victimes de nombreuses femmes immigrées ; un statut d’autonomie pour les femmes migrantes et le droit d’asile pour les femmes persécutées dans leurs pays ; la régularisation des sans-papières ;
* La liberté de choisir sa sexualité ;
* La défense de la laïcité, contre l’ingérence du religieux dans le politique, contre tous les intégrismes religieux ;
* Le règlement pacifique des conflits avec une place prépondérante pour les femmes et leurs associations dans les processus de paix.

La solidarité avec les femmes du monde entier est notre force !

Premières signatures : Marche Mondiale des Femmes France, Collectif National Droits des Femmes, CADAC, Collectif féministe ’Ruptures’, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Femmes Solidaires, Chiennes de Garde, La Meute, Encore Féministes, Coordination Femmes Egalité, Coordination Lesbiennes en France, ACTIT, Comité des Femmes Kurde a Paris, UFCS......

Parti Communiste Francais.....

mardi 4 mars 2008

Conférence sur les conditions de détention en France



Le GENEPI (groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées) organise une conférence sur les conditions de détention en France, avec la participation de François Bes, membre de l'OIP (Observatoire International des Prisons).


Quelles sont les conditions de détention ? Quelle prison pour demain (future loi pénitentiaire, rétention de surêté) ?

Jeudi 6 mars à 20h au café La Mer à Boire
3, rue des Envierges,
Métro Pyrénées


Venez participer au débat !

Issy-les-Moulineaux, laboratoire de la droite

Voici un article publié hier dans L'Huma...

Fonction publique . La gestion privée des ressources humaines de la ville d’André Santini fait des remous. Une expérience qu’il voudrait généraliser au pays.

Le secrétaire d’État à la Fonction publique ne fait pas dans la dentelle. Maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et candidat à sa propre succession, dimanche prochain, André Santini (Nouveau Centre) a fait de sa ville un laboratoire de la « réforme » qu’il entend mener à l’échelle de la fonction publique tout entière. Quand un service n’apporte pas la « valeur ajoutée » demandée, le maire le confie au secteur privé, y compris dans des domaines où aucune collectivité ne s’est lancée dans pareille expérience. La preuve avec la gestion du personnel communal d’Issy-les-Moulineaux. Confiée à Steria, une société privée, en janvier 2006, celle-ci vient de défrayer l’actualité à quelques semaines des élections municipales, en changeant de mains, passant d’un prestataire privé à un autre, avec l’approbation de la mairie. Un transfert qui soulève de nombreux problèmes aux yeux des syndicats de personnels concernés et de l’opposition municipale.

Le début de l’affaire remonte à octobre 2004, quand la municipalité entreprend d’externaliser son service de ressources humaines. Motif invoqué : la mise au jour de dysfonctionnements, avec le retard de paiement des cotisations URSSAF. Selon la mairie, un audit, réalisé fin 2003, aurait révélé que « 80 % des tâches assumées par les agents n’apportaient aucune valeur ajoutée ». Il n’en fallait pas plus à André Santini pour opter pour la délégation au privé, au lieu de repenser le service en interne. L’opposition municipale, par la voix de Lysiane Alezard (PCF), s’était élevée contre cette externalisation, demandant communication de l’audit, ce qu’André Santini a toujours refusé.

Deux ans après le transfert effectif du service, la défection de la société Steria a fait l’effet d’un coup de tonnerre, relançant le débat sur la pertinence de la gestion privée des services. D’abord parce que les prestations sont loin d’être à la hauteur, avec des erreurs dans l’établissement des fiches de paie du personnel. Le 5 décembre 2006, la cour régionale des comptes a critiqué une opération d’un coût « très élevé » pour la ville, de l’ordre de 41 600 euros par mois, pour des activités qui « ne relèvent pas de compétences inexistantes ou exceptionnelles dans le corps de fonctionnaires ». Elle a également pointé les risques d’un « état de dépendance » de la ville à l’égard du prestataire, s’inquiétant qu’« aucune jurisprudence n’existe à ce jour qui pose les limites d’une telle démarche ».

Le brusque revirement de Steria montre aussi l’incompatibilité des missions de service public avec les aléas d’une gestion privée, soucieuse avant tout de rentabilité. Lors de la passation de marché, la municipalité avait mis en avant le sérieux d’une société « techniquement et financièrement solide » (1,2 milliard de chiffre d’affaires en 2004 pour 9 000 employés), le maire évoquant une « véritable relation partenaire » instaurée avec Steria. Des engagements revus à l’aune des stratégies financières de la société, qui a décidé de jeter l’éponge, considérant cette activité comme non rentable. Pour Lysiane Alezard, candidate PCF dans le canton ouest Issy-Meudon, qui demande « le retour du service en gestion publique », c’est la goutte d’eau en trop : « Il s’agit d’un pas de plus franchi dans le bradage de la fonction publique territoriale conçue comme un marché ordinaire. Ce n’est pas un hasard, alors qu’André Santini s’est fixé pour mission de réformer l’État et la fonction publique en encourageant la contractualisation au détriment du statut public. » Confirmation dans le Parisien, où le secrétaire d’État a déclaré que cette démarche « préfigure ce que sera demain la gestion des ressources humaines dans l’ensemble de la fonction publique »…

Du côté des syndicats, la nouvelle du transfert des ressources humaines à une petite entité privée, dénommée Aderhis-Experhis, a fait l’effet d’une bombe. « Nous sommes outrés par un tel processus financier », a dénoncé la CGT du personnel communal, qui rappelle « avoir voté contre cette "privatisation" ». Quant aux salariés « vendus par Steria », ils « paient au prix fort les choix des dirigeants et des actionnaires », estime Hocine Chemlal, de la CGT Steria. Le syndicaliste fait part de la crainte des personnels d’être à la merci d’un licenciement en cas de perte de marché d’une entreprise, « dont l’expérience en BPO (pour business process outsourcing, ou externalisation des processus administratifs et techniques - NDLR) reste à démontrer ». Aderhis avait d’ailleurs été écartée par la ville d’un précédent marché en lien avec l’externalisation des ressources humaines, estimant qu’elle ne percevait pas les « règles et les enjeux » du « secteur public »… Pourtant, la mairie a laissé faire le transfert, évoquant une simple « sous-traitance » plutôt qu’une cession d’activité, qui aurait exigé de revoir le marché passé avec Steria. Contactée, la municipalité n’a pas désiré nous répondre. « Cette affaire est réglée », a estimé Philippe Klusmann, adjoint au maire, qui y voit « une polémique qui fait le jeu de l’opposition » et des « excités de la CGT » à « quelques jours des élections »…

Sébastien Crépel

samedi 1 mars 2008

Pour un Issy Solidaire : Issy à venir avec Laurent Pieuchot !


A Issy, les ressources permettent de ne laisser personne au bord du chemin. Face à la précarité, venir en aide à celles et ceux qui en ont besoin est un engagement fort de notre programme. A l’inverse d’une société d’assistance, nous voulons ouvrir toutes les initiatives qui permettent à chacun de conserver sa dignité et donnent à tous la liberté de construire sa vie.

Le logement est un droit : Davantage de mixité, plus d’accessibilité pour tous : nous nous engageons à plus de réactivité de la municipalité.

• Maîtriser le foncier et diversifi er les types de construction sans négliger aucune catégorie de logement, y compris en accession à la propriété.
• Imposer 30% de logements aidés (logements intermédiaire, social ou très social) dans chaque programme immobilier.
• Empêcher le déconventionnement des logements sociaux, protéger les locataires menacés et inciter au conventionnement de l’habitat privé existant.
• Favoriser la création d’une agence immobilière à vocation sociale.
• Défi nir des critères justes et connus du public dans l’attribution des logements.
• Favoriser les aides fi nancières des Conseil Général et Régional lors de rénovations thermiques de logements privés.

Renforcer le lien intergénérationnel : Nos réponses alternatives et individualisées aux besoins des personnes âgées.
• Privilégier les formules innovantes entre le tout établissement et le tout domicile : petites unités de vie adaptées, lieux d’activités collectives et d’aide relationnelle, accueils temporaires et accueils de jour, en relation avec lesassociations, les soignants et les familles.
• Développer les réseaux d’aidants familiaux et professionnels et améliorer la formation des personnels.
• Augmenter le nombre de logements-foyer et les places en établissements à des tarifs abordables.

Faciliter l’accès aux soins : Face aux évolutions du système de santé publique, nous mettrons en place un « réseau santé » pour garantir une médecine de proximité de qualité pour tous.
• Faire du Centre Municipal de Santé (CMS) le pilote de la politique de prévention sur la ville et l’ouvrir à d’autres spécialités (dermatologie, pédiatrie...).
• Installer des relais dans les diff érents quartiers et assurer la création d’un Service de Soins Infi rmiers à Domicile.
• Favoriser l’installation de jeunes médecins, des personnels infi rmiers et des professionnels de l’accompagnement médical notamment dans des cabinets polyvalents et conforter la maison médicale de garde.
• Augmenter les capacités d’accueil d’urgence et rouvrir un établissement de douches municipales.

Vivre la ville avec un handicap : Jeunes ou âgés, les handicapés doivent pouvoir vivre dignement dans notre commune.
• Appliquer systématiquement les mesures prévues dans la Charte Ville Handicap: prévoir des aménagements de la voirie, des stationnements réservés, permettre l’accès aux équipements publics et transports en commun.
• Mener une politique volontariste et concertée dans les établissements scolaires et les accueils de loisirs, pour accueillir les enfants handicapés dès le plus jeune âge.
• Pratiquer une politique d’incitations pour favoriser l’accessibilité aux commerces.
• Financer des aides ponctuelles pour des matériels et des équipements individuels facilitant la vie quotidienne.