dimanche 29 juin 2008
NPA or not NPA ?
Par Clémentine Autain, publié dans Mouvements
Forte du succès de son porte-parole Olivier Besancenot, la LCR a lancé un processus de création d’un « nouveau parti anticapitaliste ». Même si l’on peut toujours craindre le simple « ravalement de façade », le NPA est la seule proposition neuve dans l’espace de la gauche d’alternative. D’où l’importance d’en débattre, sérieusement et sereinement, en regardant devant et non dans le rétroviseur, en ayant pour seule boussole l’urgence à faire vivre une gauche de transformation sociale. « À nouvelle période, nouvelle force », dit la LCR. Assurément ! Le XXe siècle a produit des clivages à gauche qui doivent être revisités. Trotskisme versus stalinisme, pour en prendre qu’un exemple : l’opposition a vécu, elle n’évoque rien ou presque à la majeure partie des nouvelles générations militantes. Les expériences du « socialisme réel » ont mis sévèrement à mal l’idéal de dépassement du capitalisme. Or, revendiquer une alternative à l’économie libérale renvoie aujourd’hui encore aux échecs passés, à la bureaucratie d’État, à un système économique défaillant dans la production de richesses… Cette histoire exige un retour critique global, sur le pouvoir et la démocratie, sur réformes et révolution. L’ambition transformatrice, elle, ne saurait être escamotée tant les inégalités se creusent, notre modèle de développement est mortifère, les oppressions et les dominations se conjuguent toujours au quotidien.
Dans le même temps, la social-démocratie européenne a échoué. N’ayant pas fait la démonstration de sa capacité à bouger significativement la donne de l’intérieur - des institutions existantes et de l’économie de marché -, elle se trouve aujourd’hui dans l’impasse. En France, l’analyse des chartes successives du PS traduit l’évolution sur un siècle. En 1905, 1946 et 1969, l’organisation s’affirme révolutionnaire – sur le principe [1]. Si le tournant de la rigueur en 1983 indique le changement de cap, c’est dans les années 1990 que les textes invitent clairement à « ne pas méconnaître les règles du marché ». Le recentrage s’est fait doucement mais sûrement. En 2008, l’aggiornamento s’affiche et se revendique, comme l’illustre le duel entre la sociale-libérale Ségolène Royal et le « socialiste et libéral » Bertrand Delanoë. Moralité : la droite au pouvoir, qui détricote les acquis sociaux et sert les dominants, peut se frotter les mains de la perte d’hégémonie culturelle à gauche. Le PS voulait changer la vie. N’y étant pas parvenu, il a renoncé à raconter qu’il allait la changer…
Pourtant, le capitalisme est entré dans une nouvelle phase qui rend la recette de l’accompagnement plus difficile encore, voire improbable en terme d’amélioration substantielle des conditions de vie du plus grand nombre. Crise des subprimes, émeutes de la faim, grève des salariés de Dacia… : les violences sociales engendrées par le « capitalisme pur » et les contradictions du système sont mises à jour. C’est la logique même du capitalisme qui est en cause, à savoir la quête du profit. Le ver est dans le fruit. Une dose de keynésianisme ne suffira pas à « remettre à l’endroit ce que le libéralisme met à l’envers », pour reprendre la devise de la fondation Copernic. L’heure est aux ruptures sociales, économiques, écologiques, féministes, culturelles. Aujourd’hui, il y a bien deux grandes orientations à gauche, de plus en plus inconciliables… Les Collectifs antilibéraux, issus de la campagne du non au référendum européen, portaient l’exigence de recomposition politique et d’unité de « l’autre gauche ». Ils avaient l’avantage de rassembler sur un pied d’égalité un spectre large d’organisations et de sensibilités. Si, sur le papier, la recherche d’un accord entre forces politiques constituées semblait la voie la plus sûre pour mêler les traditions et rassembler largement, le résultat ne fut pas au rendez-vous…
L’appel récemment lancé par Politis, que j’ai signé, exprime la volonté de nombreux acteurs et actrices de cette gauche de maintenir le cap d’un mélange des cultures politiques pour faire du neuf. L’appel propose de créer un « cadre permanent de discussion ». Vu les déboires de 2007, l’attente est forte du côté de l’action. Le PCF, affaibli, entre dans une phase de repli identitaire, la gauche du PS semble davantage tournée vers ses batailles internes en vue du congrès de Reims… La pétition vise à faire pression. De son côté, le NPA a pour lui une démarche concrète et immédiatement opérationnelle. Mais peut-il (veut-il) emporter largement tous les tenants d’une gauche de gauche ? Une formation créée à partir de la LCR paraît rédhibitoire pour des franges entières de militants, notamment communistes ou ex-trotskistes. L’abandon de l’adhésion à la IVe Internationale, prévu pour le NPA, n’y suffira pas. Cette difficulté ne peut être sous-estimée. Ceci étant, faut-il raisonner à « flux constant » de militants ? Ce qui importe, c’est la dynamique à même de faire écho dans les catégories populaires et de drainer de nouveaux publics, notamment chez les jeunes. De ce point de vue, la capacité à créer un espace ouvert, dans lequel la diversité des trajectoires et des identités politiques peuvent s’exprimer et compter, qui fasse de l’articulation des cultures un objectif et accepte d’être bouleversé par la rencontre avec d’autres points de vue, est décisive. De cet enjeu dépend, pour une large part, la réussite ou l’échec du NPA…
En outre, l’axe stratégique du NPA d’indépendance vis-à-vis du PS est sans doute l’aspect potentiellement le plus clivant. Ce fut l’argument de la LCR pour rompre avec les Collectifs antilibéraux, jugés trop flous sur le sujet. Après moult débats, nous avions pourtant abouti à une formulation relativement claire pour l’échelon national qui nous occupait : « nous ne participerons pas à un gouvernement sous domination sociale-libérale ». Cette assertion constituait un acte fort de la part de communistes, de Verts ou socialistes, qui avaient participé il y a peu à des gouvernements dominés par le PS. La relation avec la social-démocratie est un enjeu : elle doit être affrontée et ouvertement mise en débat, en évitant autant que possible la répartition figée entre, d’un côté, ceux qui assument les responsabilités et font gagner la gauche et, de l’autre, ceux qui revendiquent une pureté révolutionnaire et concentrent leur action sur la lutte sociale. Les évolutions du rapport de force au sein de la gauche et l’orientation actuelle du PS obligent à réinterroger la pertinence de ces alliances, à chaque échelon. La satellisation actuelle des forces partenaires du PS montre le besoin de reconquérir une indépendance… Reste à laisser ouvert le débat sur les formes et les conditions de cette indépendance.
Vient alors le dernier point, essentiel, de l’identité d’un nouveau parti : s’atteler clairement à bâtir une alternative. Comment faire l’impasse sur la perspective majoritaire, sur la prise de responsabilités pour pouvoir transformer, sur le travail de réflexion débouchant sur des propositions neuves et crédibles (et pas seulement de modernisation des slogans…), la rédaction d’un programme et non d’un cahier de revendications (qui reviendrait à se positionner dans un rapport délégataire vis-à-vis du PS) est indispensable. Le NPA est-il prêt à ce travail constructif ? Ce qui est sûr, c’est que cet enjeu occupe d’ores et déjà les débats au sein des comités NPA.
Le Conseil général du 92
Le matin, le Préfet des Hauts-de-Seine est venu présenter aux élus sa politique, qui, je cite "est volontaire et humaniste". "Volontaire", je n'en doute pas, pour ce qui est d'"Humaniste" je suis beaucoup plus sceptique.
Différents élus ont pu questionner le Préfet sur la politique de l'Etat : désengagement de l'Etat en matière de transport, condition de vie des personnes en situation irrégulière...
Puis les différents rapports du CG ont été mis au vote, notamment le budget supplémentaire. Evidement aucun revirement de politique n'est à constater par rapport au budget primitif.
Stagnation des aides aux associations, actions à caractère social, culturel et sportif ont été annulées, suppression de Vocation 92, aucune politique volontariste en matière de logement...
Un point particulier a été abordé concernant Issy : l'aménagement de la RD7. Le CG souhaite un 2fois2 voies, alors que le Conseil municipal d'Issy a voté une 2fois 1,5 voies, aménagement souhaité par les associations locales. Ce qui est complètement dingue, c'est le vote des Conseillers généraux d'Issy, membres de la majorité départementale, qui votent blanc au Conseil municipal d'Issy et noir au CG...
Les Altoséquanais sont toujours dans l'attente d'un vrai projet solidaire.
jeudi 26 juin 2008
La société de consommation expliquée par les Wriggles
Wriggles - Ma philosophie
Vidéo envoyée par Dagoba54
Vous prendrez bien un petit café ?
Le Cafe
Vidéo envoyée par nicop
Après une longue absence me re-voici sur le blog ! Je suis toujours aussi motivée mais ma "nouvelle vie" me laisse malheureusement peu le temps d'écrire sur mon blog.
Depuis quelques semaines, j'ai quitté la vie d'étudiante pour le monde du travail ! Tout se déroule pour le mieux, mais ce nouveau mode de vie me demande un minimum d'organisation...
Je cours après le temps ! Ce qui explique ma référence au café, qui devient une petite habitude !
Je reste très attentive à la vie locale et nationale...
retour de l'ORTF inadmissible, éducation nationale menacée, le monde de la santé soldé, et Monsieur Santini toujours un digne représentant de l'autocratie à Issy...
On a du boulot !
vendredi 13 juin 2008
Evo Morales lance un appel
“Je fais appel à la conscience des députés européens…”
Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe était un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’Européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes.
Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite «directive retour». Ce texte, validé le 5 juin par les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu’il durcit de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.
Les Européens sont arrivés dans les pays d’Amérique latine et d’Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent. Nos pays du continent américain absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l’Amérique. Comme par exemple notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.
Aujourd’hui, l’Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants y viennent pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’Union Européenne.
Pour nous, nos émigrants représentent l’aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0,7 % du PIB d’aide au développement. L’Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars (43,7 milliards d’euros) de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars (193 milliards d’euros), qui dépassent les 104 milliards de dollars (67 milliards d’euros) octroyés au nom de l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 % de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliard de dollars, 0,7 milliard d’euros), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du tiers-monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d’œuvre qualifiée en laquelle, d’une manière ou d’une autre, nos Etats, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.
Il est regrettable que le projet de «directive retour» complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque Etat ou groupe d’Etats puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains. La directive retour prévoit la possibilité d’un enfermement des migrants sans papier jusqu’à dix-huit mois avant leur expulsion - ou «éloignement» selon le terme de la directive. dix-huit mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu’il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Et en particulier l’article 13 qui énonce :
«1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.»
Et, pire que tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papier, dont l’immense majorité travaille et s’intègre depuis des années ?
De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la «liberté de circuler», la protection contre les emprisonnements arbitraires ?
Parallèlement, l’Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou) de signer un «Accord d’association» qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu’imposent les Etats-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la «protection juridique», on nous reproche notre processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés le jour des Travailleurs. Je demande, dans ce cas : où est la «sécurité juridique» pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?
Promouvoir d’un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu’en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement… Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.
Dans ces conditions, si cette directive retour devait être approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union européenne et nous nous réservons le droit d’imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l’avions pas exercé jusqu’à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l’UE.
Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d’importantes difficultés globales : le réchauffement, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu’augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l’Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d’Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la «directive retour». Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte.
J’appelle aussi l’Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l’énorme dette historique, économique et écologique que les pays d’Europe ont envers une grande partie du tiers-monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l’Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd’hui dans vos «politiques d’intégration» comme vous avez échoué avec votre supposée “mission civilisatrice” du temps des colonies.
Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les «clandestins».
lundi 2 juin 2008
Droit des femmes attaquées !
Certains vont me retorquer l'existence de l'article 180 du code civil, « s'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage. ». Mais sur quelles critères pouvont nous définir « les qualités essentielles de la personne » ?
La sexualité des femmes et des hommes relèvent du privée, et est une liberté. Cette décision de « justice » peut avoir de nombreuses conséquences facheuses, sur le droit des femmes, concernant la liberté sexuelle mais également sur les reconstitutions d'hymen qui sont de plus en plus nombreuses.
40 ans après la libération sexuelle de Mai 68, il est décevant et honteux que la justice française rende une telle décision !

