jeudi 20 novembre 2008

Vive la réforme

Vive la réforme
Vidéo envoyée par LePlanB

Une vidéo du Plan B

lundi 17 novembre 2008

Vers une fédération des forces de gauche ?

Les Alternatifs proposent la constitution d'une fédération de forces politiques et de militant-e-s de la gauche alternative


1/ Le moment politique

Depuis plusieurs mois, des appels se sont multipliés et différentes organisations et courants (Les Alternatifs, l'Association des Communistes Unitaires, les collectifs pour une alternative au libéralisme...) ont exprimé l'aspiration à la constitution d'une convergence politique pour la transformation sociale et écologique. Cette aspiration s'est aussi traduite au sein de courants de l'écologie radicale.

Cette démarche ne se confond pas avec l'appel Politis qui vise, à organiser l'alternative à gauche en créant un cadre de rencontre entre militants politiques, associatifs, syndicaux, citoyens désireux de s'approprier les enjeux de cette alternative, de dépasser les divisions au sein du camp antilibéral/anticapitaliste.

La fédération que nous proposons ouvre une perspective certes partielle mais indispensable pour concrétiser la convergence de militant-e-s et forces disponibles pour un pas en avant politique et organisationnel.

L'initiative des signataires de l'appel de Politis et la constitution de la fédération peuvent se renforcer mutuellement. Pour les composantes de la Fédération,, le cadre de l'appel apporte un ferment pérenne d'ouverture et de pluralisme. Les initiatives de la fédération encouragent les antilibéraux et unitaires des Verts, du PS, de la LCR et du PC qui participent à l'Appel à ne pas se résigner aux politiques de fermeture de leurs partis.

2/ un pas en avant politique et organisationnel

Ce pas en avant est nécessaire pour mettre en commun des forces, des projets qui puissent s'exprimer et peser dans les champs social et politique, une force de résistance, et d’élaboration d’un projet d'alternative sociale et écologique.

Une "fédération" de militant-e-s et de forces,

- qui partagent les mêmes valeurs fondamentales de l'émancipation, pour élaborer des points de vue communs sans ignorer leurs différences et divergences,

- qui se rapprochent, sans se perdre, dans l'objectif de se dépasser quand les conditions en seront remplies.

- qui mettent en commun des moyens pour travailler et agir ensemble, sans les entraves d'un accord étroit, rigide dans tous les do:maines.

3/ des formes de coopération et de construction nouvelles

Les Alternatifs proposent que se coordonnent des courants et organisations politiques qui apporteront leurs acquis, leurs identités diverses, se rapprocheront sans, à ce stade, se dissoudre dans le cadre commun. Ils donneront ainsi à voir la diversité des forces en mouvement et en convergence, sans étouffer ni confisquer les engagements individuels et sectoriels parties prenantes du processus. Ce processus se veut dès le départ largement ouvert aux militant-e-s associatifs, syndicaux, écologistes, féministes, altermondialistes, antiracistes...

Les Alternatifs proposent que le processus s'engage dans les semaines qui viennent par l'organisation de débats et d'actions communs dans le plus grand nombre de villes, départements, régions, que ces débats soient autant que faire se peut co-organisés par les composantes politiques ou que pour le moins elles y soient représentées. Ces débats devront être également l'affaire des militant-e-s des combats sociaux, écologiques, antiracistes, féministes, altermondialistes qui se retrouveront dans la démarche. Ces débats pourront prendre la forme de réunions de travail sur les thèmes choisis en commun.

Une première assemblée pourra être organisée au premier trimestre de l'année 2009 pour poser les bases de la fédération.

Les Alternatifs proposent qu'une adhésion d'un faible montant minimum (5, 10 euros ?) concrétise la participation à la fédération .Les financements ainsi recueillis contribuant au fonctionnement de la fédération.

Les campagnes et initiatives décidées en commun auront vocation à être financés par la contribution des composantes et des collectifs constitués dans les villes, entreprises, établissements d'enseignement, coordonnés au niveau départemental et si possible régional.

Une assemblée semestrielle large, représentative de la réalité des adhésions à la fédération et de la diversité des composantes politiques et des origines militantes permettra la définition des priorités politiques de la fédération comme des champs de mobilisation prioritaires pour une intervention commune et la mise en commun le travail des groupes thématiques.

Une instance de coordination élue par l'assemblée devra assurer le suivi des activités. Elle comprendra des représentant-e-s des régions et des composantes politiques. Cette instance a vocation à mettre en oeuvre les décisions politiques de l'assemblée semestrielle et d'assurer un suivi efficace des initiatives politiques et campagnes décidées en commun. Dans chacune des instances et dans chaque lieu de débat, sera assurée au mieux la place des militants non membres d’une des composantes organisées de la fédération.

Les Alternatifs proposent que les composantes politiques et militant-e-s de la fédération s'expriment
régulièrement dans Rouge et Vert, et relaieront les initiatives et positions de la fédération dans leur presse et leurs divers outils d'information internet.

Ils proposent l'organisation d'une université d'automne commune, afin d'approfondir un projet de la fédération.

Les Alternatifs ouvriront leur université d'été aux composantes de la fédération.

Une assemblée réunie fin 2009 ou début 2010 débattra des suites du processus : confirmation, approfondissement, élargissement, évolution de tout ou partie des composantes vers une organisation commune et nouvelle.

Cette dernière hypothèse implique que soient définis d'un commun accord, le projet, la stratégie, les champs d'intervention, les modes d'organisation, les moyens de fonctionnement d'un parti mouvement commun.

mardi 11 novembre 2008

Grève dans l'éducation nationale le 20 novembre !

L’ensemble des réformes en cours porte une conception régressive de l’éducation dont les personnels mesurent les dégâts, notamment depuis cette rentrée, dans les écoles, les établissements secondaires et l’université.

Le 19 octobre, 80 000 personnes venues de toutes les régions ont exprimé leur inquiétude dans les rues de Paris.

Derrière un affichage d’équité, ces mesures accélèrent encore le désengagement de l’État du service public d’éducation.

Cette politique va détériorer, profondément et durablement, notre système éducatif. Elle contient tous les ingrédients pour que se renforce une école à deux vitesses dans une société minée par les injustices et les inégalités.

Ainsi, le projet de loi de finances 2009 prévoit 13 500 postes de moins dans l’Éducation nationale. Ce budget s’inscrit dans la continuité de la politique de réduction de moyens menée depuis plusieurs années dans l’ensemble de la fonction publique.

D’ici 2011, c’est 90 000 emplois qui seront encore supprimés avec les réformes structurelles en cours : généralisation du bac professionnel en 3 ans au lieu de 4 ans, mastérisation de la formation enseignante et suppression des IUFM, réforme du lycée.

Cela représente plus de 10 % des effectifs actuels, auxquels il faut ajouter des dizaines de milliers d’emplois de personnels éducatifs.

Dans le primaire et en maternelle, notamment, 6 000 postes seront supprimés à la rentrée 2009, alors que 16 000 élèves supplémentaires sont attendus.

De même, l’annonce du transfert, en 2009, de 3 000 maîtres spécialisés sur les 9 000 exerçant dans les réseaux d’aide spécialisés pour les élèves en difficulté (RASED) dans des classes ordinaires signe la disparition de l’enseignement spécialisé et par la même de la lutte contre l’échec scolaire.

Les lycées et les collèges continueront d’être fortement touchés, notamment avec la généralisation des fusions administratives et la multiplication des postes à service partagé.

Ces choix, économiques et idéologiques, représentent une rupture avec la conception démocratique et républicaine de l’école.
Ils mettront le service public dans l’incapacité de remplir ses missions et accéléreront la mise en place d’un système concurrentiel.

Les réformes engagées conduiront à une dégradation sans précédent des conditions d’étude pour les élèves et de travail pour les personnels.

Face à des attaques qui concernent tous les secteurs du système éducatif et tous les personnels c’est, tous ensemble, que nous devons répondre :
Pour refuser la gestion de la pénurie et la régression de notre système éducatif,
Pour exiger des moyens et des conditions de travail permettant aux personnels de mettre tous les élèves en situation de réussite et d’éradiquer l’échec scolaire,
Pour demander un autre projet d’école.

Nous appelons l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale à décider la grève et à manifester le jeudi 20 novembre 2008

Envie d'y croire...

L’autre gauche doit se rassembler. Maintenant.

La crise est d’une ampleur exceptionnelle. Elle bouleverse la donne politique. Elle disqualifie absolument les choix de la « dérégulation » ultralibérale. Elle vieillit brutalement les stratégies d’adaptation au capitalisme, dites « sociales-libérales » depuis l’exemple anglais. Nous devrions savoir désormais que nous ne nous en sortirons ni par un toilettage, ni par un retour mythique aux cycles vertueux de l’État keynésien. Le réalisme, que cela plaise ou non, est aujourd’hui du côté de la rupture et non de la conservation, de la répétition ou de l’incantation. Il faudra bien, d’une façon ou d’une autre, changer en profondeur les moteurs de la créativité, les modes de développement, les mécanismes d’allocation des ressources, les finalités et les formes de la décision collective. Ou alors, nous décidons de nous enfermer à jamais dans le balancement stérile de la concurrence libre et non faussée et de l’État administratif. Le parti pris radicalement transformateur est le seul raisonnable.

Politiquement, s’affrontent les obstacles persistants à l’initiative critique forte et les potentialités de son expansion. Le Parti socialiste reste dominant à gauche ; mais nous le voyons s’épuiser dans des querelles de clan qui n’empêcherons pas son recentrage, sous une forme brutale ou sous une forme plus prudente. L’autre gauche est aujourd’hui dispersée, éclatée, ce qui nuit sur sa lisibilité, sa capacité à faire réellement du neuf, sa possibilité de disputer à terme l’hégémonie à gauche à la ligne d’accompagnement. L’appel lancé par Politis a donné à voir la profondeur et la permanence du désir de rassemblement de la gauche antilibérale, la LCR a choisi de se dissoudre dans un nouveau parti anticapitaliste qui la dépasse, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont choisi courageusement de quitter le PS, le PCF semble répondre positivement à cette dernière initiative, d’autres courants alternatifs veulent se fédérer… : notre espace politique est en mouvement car les clivages actuels sont obsolètes pour répondre aux défis de notre temps. C’est à la convergence la plus large de toutes celles et ceux qui souhaitent changer d’horizon économique, social et sociétal qu’il faut plus que jamais travailler.

Les militants déboussolés, qui se battent sur le terrain, mais que désespère l’absence de grand mouvement politique collectif, sont légion. Les militants syndicaux ou associatifs, qui se battent pour les droits et les avancées sociales, mais se désolent de ne pas trouver de correspondance politique à la hauteur, sont légion. Les féministes, les altermondialistes ou les anticonsuméristes, qui combattent pied à pied mais enragent de ne pouvoir adosser leur action sur une dynamique politique conséquente, sont légion. À un moment où tout bouge, les potentialités critiques sont incommensurables. Et politiquement, nous restons l’arme au pied. C’est folie que d’en rester là. Que ce mouvement préserve sa diversité, qu’il cesse de rêver à l’enfer du monolithisme et aux impasses des avant-gardes éclairées, est une chose. Que chacun pense d’abord à cultiver son propre jardin en est une autre. Et que chacun s’imagine qu’il va être le centre des rassemblements à venir est une sinistre plaisanterie. Ou nous nous mettons tous ensemble, comme nous avons su le faire en 2005, ou nous nous résignons à être des supplétifs, roues de secours ou aiguillon de majorités dominées par la social-démocratie.

Il y a des différences persistantes ? C’est une chance. Des divergences insurmontables ? L’expérience montre que, quand on en a la volonté politique, aucune divergence ne peut empêcher le rassemblement. Que l’on n’aille pas nous faire croire qu’il y a des lignes de fracture plus importantes à la gauche du PS que dans la social-démocratie ou à l’intérieur de la droite ! De ce côté-là, on sait faire la part du fondamental et de l’accessoire. Quand allons-nous enfin nous décider à en faire de même à la gauche de gauche ?

Convaincre tous ensemble ou nous enliser tous séparément : il n’y a pas de voie médiane. Profitons de l’échéance européenne, qui s’y prête à merveille, pour faire nos travaux pratiques.
Clémentine Autain et Roger Martelli (co-directeurs de Regards)

Mélenchon et Dolez quittent le PS...

Ça suffit comme ça !

Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l’emporte avec sa proposition d’alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l’ont emporté alors qu’elles conduisent partout à l’échec. Elles avalisent l’Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l’abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n’y change rien malheureusement.

Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quels que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l’orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d’une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l’initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d’action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l’écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d’un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu’une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l’avant.

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essonne
Marc Dolez, député du Nord